Le communautaire à boutte dans les Basses-Laurentides : Québec doit agir maintenant

Publié le: 23 mars 2026

Alors que les besoins de la population atteignent un niveau critique, les organismes communautaires des Basses-Laurentides lancent un message sans équivoque au gouvernement du Québec : il est urgent d’agir. Rassemblés au sein du mouvement Le communautaire à boutte, ils dénoncent un sous-financement chronique qui compromet directement leur capacité à répondre aux besoins essentiels de la population. Actuellement, plus de 75 organismes ont obtenu un mandat de grève dans les Laurentides; à l’échelle du Québec, on compte déjà plus de 1 600 mandats. Cette grève historique, qui a lieu du 23 mars au 2 avril, marque un point de rupture.

Un pilier du filet social en train de craquer

Les organismes communautaires ne sont pas un luxe : ils sont essentiels. Chaque jour, ils soutiennent des milliers de personnes, brisent l’isolement, préviennent des crises et réduisent la pression sur les services publics. Ils créent aussi des emplois et contribuent activement à l’économie locale.

«Sans les organismes communautaires, le système public ne tient pas. On est déjà en train de colmater des brèches partout.» – Vickie Ouellette, directrice générale La Mouvance, Centre de femmes. Chaque dollar investi permet d’éviter des coûts beaucoup plus importants en santé, en justice et en services sociaux. Pourtant, leur financement demeure insuffisant, instable et déconnecté de la réalité du terrain.

Des équipes à bout de souffle, des choix impossibles

Sur le terrain, la situation est critique :
• Des salaires non compétitifs qui entraînent des départs
• Des travailleuses et travailleurs dans des situations financières de plus en plus précaires
• Des postes vacants impossibles à combler
• Des équipes épuisées et insuffisantes
• Une explosion des demandes liée à la crise sociale et économique.

«Le gouvernement du Québec doit cesser de considérer le communautaire comme une variable d’ajustement. Nous sommes un pilier du filet social. Actuellement, les organismes sont contraints de faire plus avec moins, au détriment des travailleuses, des travailleurs et des personnes que nous accompagnons.» — Vickie Ouellette, directrice de La Mouvance, Centre de femmes

Deux semaines qui donnent un aperçu d’un effondrement

Du 23 mars au 2 avril, plusieurs organismes fermeront leurs portes, en totalité ou en partie. Ce qui est annoncé comme une grève de deux semaines est aussi un signal d’alarme. Les impacts seront majeurs : des services suspendus, des personnes laissées sans soutien et une pression accrue sur des services publics déjà fragilisés.

«Deux semaines de fermeture auront déjà un impact énorme. Imaginez si les organismes disparaissent un à un : c’est tout le système qui s’écroule.» — Vickie Ouellette
Partout dans la région, des actions de mobilisation auront lieu pour faire entendre cette réalité.

Des demandes claires, des solutions connues

Photo de membres du communautaire à boutte des Basses-Laurentides.Les organismes communautaires ne demandent pas l’impossible : ils demandent les moyens de faire leur travail. À travers le mouvement Le communautaire à boutte, ils revendiquent :
• Des conditions de travail décentes
• Un financement à la mission suffisant et récurrent
• Une reconnaissance pleine et entière
• Le respect de leur autonomie
• La fin du financement précaire
• Un engagement clair à faire du communautaire un pilier stratégique.

«Nous demandons au gouvernement du Québec de prendre des engagements financiers clairs et durables. Nous invitons également tous les partis politiques à prendre position publiquement et à préciser leurs engagements envers le milieu communautaire», soutient Sophie Tétrault-Martel, co-porte-parole.

Un choix de société

Investir dans le communautaire, c’est faire le choix de prévenir plutôt que de réparer. C’est choisir la dignité, la solidarité et la cohésion sociale. Dans les Basses-Laurentides, les organismes sont prêts à continuer de jouer leur rôle. Mais sans engagement concret du gouvernement du Québec, ils ne pourront pas tenir indéfiniment.

Le message est clair : le communautaire est à boutte, et Québec doit agir maintenant.

> Les organismes communautaires sont à bout de souffle, et d’argent, Tout le monde en parle, 22.03.2026
> Diminution des coûts de santé : le rôle des organismes communautaires, IRIS, 18.09.2025