Discours d’ouverture : protéger les femmes exige plus que des annonces

Publié le: 6 mai 2026

À la suite du discours d’ouverture prononcé aujourd’hui par la première ministre Christine Fréchette, L’R des centres de femmes du Québec salue la volonté gouvernementale d’agir pour mieux protéger les femmes victimes de violence, notamment par l’annonce d’une future loi Gabie Renaud inspirée de la loi Clare.

Cependant, L’R rappelle qu’aucune loi ne pourra, à elle seule, mettre fin aux violences faites aux femmes si le gouvernement refuse d’investir sérieusement dans la prévention, le travail de proximité et les conditions concrètes permettant aux femmes de reprendre du pouvoir sur leur vie.

Depuis des décennies, les centres de femmes du Québec travaillent en prévention, en sensibilisation, en accompagnement et en intervention féministe. Chaque jour, ils accueillent des femmes vivant de la violence conjugale, sexuelle, économique, psychologique ou institutionnelle. Ce travail essentiel demeure pourtant sous-financé et insuffisamment reconnu.

«Si le gouvernement veut réellement protéger les femmes, il doit reconnaître que la prévention sauve des vies. Les centres de femmes sont en première ligne depuis longtemps. Il est temps que ce travail soit pleinement financé», affirme Julie Drolet, présidente de L’R.

L’R rappelle également qu’il est impossible de parler de sortie de la violence sans parler de logement. Les ressources d’hébergement jouent un rôle crucial, mais elles ne constituent qu’une étape temporaire. Pour quitter durablement une situation de violence, les femmes doivent pouvoir accéder à des logements disponibles, sécuritaires et réellement abordables.

«Une femme ne peut pas reconstruire sa vie si elle n’a nulle part où aller ensuite. La crise du logement fragilise directement la sécurité des femmes et limite leurs possibilités de quitter des milieux violents.» – Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice de L’R.

Enfin, L’R des centres de femmes du Québec demande au gouvernement de respecter pleinement les processus démocratiques parlementaires. Dans un contexte social et politique préoccupant, le recours au bâillon pour le projet de loi no 1 ou tout autre projet de loi constituerait un recul démocratique important. Les enjeux qui touchent les droits, les conditions de vie et la sécurité des femmes méritent des débats complets, transparents et démocratiques.