Rapports d’enquêtes sur les pratiques des organismes communautaires de l’immigration membres de la TCRI et des regroupements féministes en regard des femmes immigrées et racisées

Ce document rassemble deux rapports d’enquêtes menées entre septembre 2009 et mars 2010 ayant comme objectifs de présenter un portrait de la place qu’occupent les femmes immigrées et racisées dans les pratiques du mouvement communautaire de l’immigration et du mouvement des femmes.

Les résultats de ces deux enquêtes laissent apparaitre que les femmes immigrées et racisées sont plus nombreuses que les hommes immigrés à utiliser les services des organismes communautaires voués à l’immigration alors qu’elles sont seulement entre 10% et 20% à fréquenter les organismes membres des regroupements féministes qui ont répondu à notre questionnaire et qui étaient majoritairement des regroupements ayant opéré des changements dans la perspective d’une prise en compte des besoins de ces femmes. La majorité de ces organismes restant encore peu représentatifs et « insuffisamment outillés » pour répondre aux besoins de ce groupe, malgré des changements et le nombre plus important de recherches réalisées, comparativement au milieu communautaire voué à l’immigration.

On remarque également que 67% des organismes communautaires de l’immigration membres de la TCRI participant à l’enquête affirment ne pas pouvoir répondre aux besoins des femmes immigrées et racisées alors qu’elles représentent plus de 50% de leur clientèle. Cette situation s’expliquant par un manque de ressources humaines et financières ainsi qu’à l’absence d’expertises pour répondre à certains besoins spécifiques à ces femmes.

Si les organismes communautaires de l’immigration membres de la TCRI affirment majoritairement plutôt répondre aux besoins liés à la famille, les seules activités recensées lors de l’enquête qui favoriseraient, dans ce cadre, l’autonomie des femmes, sont le développement de services de garde ou de halte-garderie qui souffrent d’un manque de ressources et sont insuffisamment développés. Les autres activités s’adressent surtout aux enfants (aide aux devoirs) ou de loisir en famille (sorties culturelles, etc.).

Un constat ressort de ces deux enquêtes : deux solitudes et des deux bords, des besoins presque similaires, notamment :
- Être mieux outillés et formés sur les réalités et besoins spécifiques des femmes immigrées et racisées
- Favoriser la collaboration et la concertation au sein du secteur communautaire de l’immigration ainsi qu’entre les deux secteurs sur les enjeux et pratiques reliées aux besoins de ces femmes
- Faire valoir auprès des institutions les besoins des femmes immigrées et racisées.

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