La pauvreté : un enfer privé, une affaire publique

La pauvreté des femmes : un enfer privé, une affaire publique

Thème de la Journée nationale des centres de femmes 2008, ce recueil de témoignages décrit la pauvreté subie par les femmes. Des centaines de femmes qui fréquentent les centres montrent en quoi consiste la pauvreté au quotidien, mais aussi comment on pourrait y mettre fin. Elles disent vivre dans un état permanent de stress et d’insécurité car l’avenir comme le présent n’offrent aucune garantie. La pauvreté les épuise et gruge leur énergie. Faire face aux préjugés, au rejet et à l’humiliation affecte la confiance en soi. La pauvreté veut dire aussi se priver, ne plus avoir de choix, vivre de l’isolement et être obligée de quémander.

Afin de jouir d’une plus grande sécurité financière, elles suggèrent que le salaire minimum et les diverses prestations soient augmentés pour atteindre un seuil acceptable. Elles veulent également des conditions de travail décentes et souhaitent une augmentation des services publics et des programmes sociaux. Elles reconnaissent aussi l’apport des organismes communautaires qui créent un vaste réseau d’entraide et de solidarité pour vaincre la pauvreté.

Quelques citations

› Avec l’augmentation du prix du panier d’épicerie et des services tels que Hydro-Québec, je sens l’étau se resserrer et j’ai de moins en moins de choix économiques. ANONYME, MAISON DES FEMMES DES BOIS-FRANCS

› Je vis dans la honte d’aller quémander de la nourriture à gauche et à droite (dans différents organismes de charité) et cela trahit ma confiance en moi. ANONYME, CARREFOUR DES FEMMES D’ANJOU

› C’est un cercle vicieux. Surtout avec les enfants qui veulent avoir tout ce que leurs amis ont. Je me sens souvent impuissante et frustrée. ANONYME, CENTRE DES FEMMES MEMPHRÉMAGOG

› En tant que famille monoparentale, nous nous sommes habillés pendant des années dans des friperies. Nous avons compté les biscuits, aliment de luxe, jamais plus de deux par personne par repas et le yogourt n’était que pour les enfants pas pour moi. Nous sommes devenus végétariens pour économiser sur l’épicerie. ANONYME, CENTRE DES FEMMES DE RIVIÈRE-DES-PRAIRIES

› Je fréquente le centre pour briser mon isolement. J’économise pendant des semaines si je veux faire des petits cadeaux à mes petits enfants à leur anniversaire. ANONYME, AU COEUR DES FEMMES

› Des services de santé et des services sociaux plus accessibles comprenant les lunettes et les soins dentaires gratuits parce que je considère que ce sont des besoins essentiels. ANONYME, COLLECTIF FÉMINISTE ROUYN-NORANDA «ENTRE-FEMMES»

› Nous pourrions atteindre notre autonomie économique si les gouvernements augmentaient le salaire minimum, indexaient l’aide sociale, changeaient les conditions d’admission à logis-rente et donnaient plus de gratuité des médicaments. ANONYME, MAISON DES FEMMES DES BOIS-FRANCS

› Une régularité d’emploi. Sensibiliser les employeurs que le congédiement et la précarité de non-renouvellement de contrat, c’est une sentence grave que de priver quelqu’un de son emploi. ANONYME, CENTRE RESSOURCES POUR FEMMES DE BEAUPORT

  • Autrices : Odile Boisclair, France Bourgault, Fannie Valois-Nadeau, Nesrine Bessaih et Josette Catellier
  • Édition : L’R des centres de femmes du Québec
  • Date de publication : Septembre 2008

  • Format : PDF
    Nombre de pages : 38
  • Thème(s) : 
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